RESISTANCE ET VALEURS REPUBLICAINES
Conscients
du réel privilège de vivre et de s’exprimer
dans une République démocratique et laïque
Conscients
des combats farouches et des résistances coûteuses
livrés par nos aînés pour y accéder
Conscients
de cet héritage non- naturel dont nous sommes
dépositaires, gardiens mais surtout garants par
responsabilité citoyenne individuelle et collective
Aujourd’hui,
Dans
l’actualité des faits divers, nous sommes vivement
interpellés par l’affaiblissement alarmant des «
valeurs de la République » :
face aux attaques
déclarées ou masquées, aux transgressions de ces
principes si chèrement conquis…l’histoire
démontrant que « rien n’est acquis , tout se
mérite »
face à l’acceptation par
indifférence, apathie, banalisation, complaisance,
démotivation d’une société passive qui
semble en perte de capacité d’indignation par carence
d’idéal, d’exemples et de projets… une
inquiétude légitime s’élève,
nous avons un devoir de Résistance
il nous faut, dans un vécu partagé
AGIR , REAGIR , INFORMER, E-DU-QUER
il
nous faut, dénoncer fermement et identifier les
dérapages, prévenir avec rigueur les dérives,
réprimer avec détermination et
sévérité les actes délictueux, violents ou
intolérants simplement par application effective des lois
parlementaires déjà inscrites
enfin, ne pas sous-estimer l’émergence de ce nouveau climat en sa gravité :
nos valeurs républicaines sont en danger
se TAIRE ?
c’est
permettre d’ouvrir des brèches et attenter à
l’intégrité même de notre République
Une et Indivisible,
c’est consentir et encourager la récidive,
c’est accepter la déchirure du tissu social , donc la cohésion et le devenir de notre pays
c’est
faire le terreau de divisions qui, d’incontrôlables
peuvent devenir meurtrières.
Lors
d’initiatives de regroupements laïques, où
nombre d’enseignants étaient présents, des
professeurs d’Histoire, sensibilisés et
éclairés en la matière, osaient parler de «
repartir comme en 40 … » « d’esprit de
1933… » « de feu dans la maison… »
Il faut nous MOBILISER
Plus que de s’émouvoir ,il faut se mouvoir...le temps des individualismes sacrés,
des
inerties irresponsables, des silences complices, est
révolu ; pas de subordination à l’inacceptable.
Il
faut faire oeuvre de pédagogie, notamment, dans l’espace
incontournable et irremplaçable de l’enseignement dans
l’Ecole de la République
LA TACHE EST URGENTE
Après
la famille, l’école reste l’un des premiers berceaux
social, creuset assurant la transmission des valeurs et des savoirs,
l’apprentissage des droits et des devoirs ;elle lutte contre la
désaffection civique, elle conditionne la qualité
de future insertion de l’individu, son rôle dans la
Cité en acteur « actif » :
il ne peut y avoir de démocratie sans participation opérative des citoyens.
…les
bonnets phrygiens et les couleurs de nos « nouvelles
Marianne » pluriethniques – dont l’effigie campait
récemment sur toute la hauteur de la façade de
notre « Assemblée Nationale »
-annonceraient-elles, plus que symboliquement, une nouvelle
dynamique revivifiant de notre Démocratie contemporaine
individualiste, terne et désenchantée ?
Par
une démarche , un accompagnement, soutenus et porteurs, il
faut permettre aux enseignants, s’investissant pleinement
en cette mission, tous les moyens-et pas seulement économiques-
d’induire un apprentissage adapté à
l’évolution de nos sociétés pluralistes pour
Transmettre et Diffuser déjà :
les concepts
fondamentaux de la « Res Publica », ses
idéaux, ses objectifs, son origine, son histoire en sa
laborieuse émergence
les principes de la Démocratie,
sa répartition sur les continents, l’apport comparatif de
ce système politique, sa fragilité par la nature
même de son ouverture et donc ses moyens de défense, les
valeurs de la Laïcité, et non du laïcisme, toujours
soucieuse du maintien , de la protection de toutes les appartenances et
identités en leur richesse, mais dans la
réciprocité d’une inconditionnelle
allégeance à son nécessaire respect.
sanctionner sans indulgence aucune, tout ACTE INCONCILIABLE avec :
les droits de l’Homme
l’exigence éthique
la nature laïque et la fonction démocratique de notre Etat
la fraternité républicaine
En
ces heures troubles et imprévisibles que nous pensions
révolues en notre « monde libre »;
par
delà l’obsession des souffrances, du sacrifice
d’êtres pour ce combat, qui ne saurait… rester
vain…
par le devoir de citoyenneté qui nous
est conféré, c’est –à-dire par le
droit de citer : proposer ,critiquer, directement ou par l’action
des élus désignés pour nous représenter,
selon les critères démocratiques,
nous sommes tous responsables de notre Devenir.
Lors d’un colloque intitulé « VIVE LA REPUBLIQUE
» à la Mairie de Paris, dans un élan d’union
nationale, des hommes politiques prenant sur le terrain la mesure de la
gravité des évènements, dépassant alors
tout clivage ou esprit partisan, s’alertèrent en des
propos solidaires :
«
il faut combattre sans répit, sans faiblesse, sans
silence…cette haine dont aucune conscience ne peut
s’accommoder » (J.C.)
« nous
devons ensemble débattre et combattre pour la civilisation que
nous aimons…et conduire toutes les formes de combats
nécessaires »(B.D)
«
les valeurs fondamentales de l’école républicaine
ont été délaissées…la
société toute entière est responsable. »
(L.F.)
Aujourd’hui,
Par
l’accroissement d’un brassage permanent des populations,
par l’irréversibilité d’un métissage
biologique et culturel, la Vigilance à cette intolérance
originelle de l’Autre est plus que jamais à l’ordre
du jour, même si ce « déni de responsabilité
» pour autrui remonte… à la première fratrie
de l’humanité, dans l’arrogance de la réponse
de Caïn interpellé : « suis-je le gardien de mon
frère ? ».
Pour que dans nos
sociétés laïcisées, la notion de
sacré puisse continuer d’évoluer vers celle de
conscience universelle ,nous devrons développer nos actions par
un ancrage sur le pivot de la plus belle devise qu’il soit et qui
nous rappelle l’identité de notre
spécificité humaine ;
notre Fraternité, en
mémoire de cette irrésiliable parenté
d’ESPECE, antérieure à toute civilisation, dans une
filiation… enfin assumée
notre Egalité,
par l’équité incontestée de notre
communauté de destin, naître, grandir, vieillir,
disparaître, quels que soient nos parcours humbles ou prestigieux
notre Liberté ,par la responsabilité de nos
options : nous aurons l’avenir que nous méritons, il nous
faut choisir pour ne pas subir
Ayons donc l’honnêteté de nos constats et le courage de nos défis .
Dans
la complexité d’un monde en mutation
accélérée, mais qui est encore celui de tous les
possibles,
En ces heures d’orientation d’une civilisation en quête de sens,
en recherche déterminante pour les générations présentes et à venir,
ébauchons,
dans un Vécu partagé, le tracé d’un «
projet d’Humanité »
(V.Hugo)
En recentrant sur l’HUMAIN, oeuvrons dans la proximité : la CITE
« dans une vision globale par une action locale »,
par delà « le pessimisme de l’intelligence , avec l’optimisme de la Volonté »(R.Dubos)